On entendait des sanglots. Perdue dans un coin de la pièce, elle était recorcviée ; elle avait de jolies tresses, paraissait si jeune, mais ses yeux pensifs, sa mine terrorisée la vieillissait tellement, tellement. Pauvre petite fille !
"Y a-t-il une issue ? se demandait la petite fille aux tresses."
Mais bien sûr ! Regarde autours de toi, petite fille !
Elle balayait la salle du regard : la moisisure couvrait les murs sombres. Sombres ? Pas tant que ça : une grande vitre ouverte innondait la pièce de la lumière du Soleil. Elle s'approcha, regarda le paysage lointain. Elle s'y perdait, y galopait ! Elle était libre, oui ! libre ! Tout le monde la voyait, elle était belle, la petite fille aux tresses.
Mais pour de vrai, la petite fille aux tresses pleurait, pleurait. Elle cherchait tellement à sortir d'ici ; le vent entrait par la fenêtre, lui donnait tellement envie de partir, tellement. Mais petite fille, pourquoi tu abandonnes ? Pourquoi restes-tu maintenant sans bouger ?
" Je cherche, dit la petite fille. Y a-t-il une issue ?"
Mais bien sûr ! Regarde autours de toi, petite fille !
Les saisons défilaient par la fenêtre grande ouverte : de petits flocons se déposaient sur le plancher à six heures. À midi, le printemps pointa le bout de son nez, et de jolis bourgeons germaient sur les paroies de la salle, devenant petit à petit de jolies fleurs à 18 heures : l'été était là ! Mais, comble de la tristesse, à minuit, la petite filles aux longues tresses s'endormit sur un sol de feuilles mortes, un souffle froid lui léchant la joue. Elle rêvait. Mais à 8 heures, la neige vint la réveiller.
"Ca ne peut plus continuer ainsi, cria la petite fille. Y a-t-il une issue ?"
Mais bien sûr ! Regarde autours de toi, petite fille !
Elle se remit à chercher, des larmes dévalaient ses joues. Elle oubliait peu à peu son passé ; comment était-elle arrivée ici, la petite fille aux tresses ? Mais que faisait-elle ?
Elle cherchait une clé, bien sûr ! Une clé qui la délivrerait. L'as-tu trouvé, petite fille ? Non ? Cherche, il faut que tu cherches !
Elle regarda à la fenêtre : minuit sonnait, la pluie tombait. Alors elle se remit à pleurer. Elle voulait partir : mais part, petite fille ! Là, devant toi, pourquoi ne sors-tu pas ? La petite fille aux tresses avait mal, elle sentait que l'été revenu, elle ne serait plus ici. Elle avait mal, car elle se perdait dans le labyrinthe de ses pensées. Mais à quoi pense-t-elle, la petite fille ?
"Au soleil et aux oiseaux ; aux montagnes et aux océans ; à mon papa et à ma maman, répondit la petite fille. Y a-t-il une issue ?"
Mais bien sûr ! Regarde autours de toi, petite fille !
Mais bien vite, la petite fille se mit à saigner. D'abord ses yeux commencèrent à verser du sang, ensuite son petit coup tout pâle mais tout ridé, puis ses tresses devinrent dûres et se brisèrent. Ses ongles devinrent cassants, et elle s'endormit.
Elle rêvait. Elle était dehors, courait au bord de la mer, entourée de gens, de méchants gens. Ils la poussèrent et l'insultèrent. Elle rampait entre les pieds qui la piétinaient. Y a-t-il une issue ? Petite fille, réveille toi ! Mais bien vite, les murs se reserrèrent. La petite fille aux tresses dormait toujours, ne se rendant compte de rien. Vite petite fille, il neige, il est huit heures ! C'est bientôt l'été, tu pourras t'en aller ! Mais la petite fille ne se réveillait pas. Elle pleurait tellement, la petite fille dans son rêve. Tellement, qu'elle finit par s'y noyer.
Vite petite fille, il est midi ! Le printemps est là, l'été arrive à grand pas !
Des gens s'amassèrent devant la fenêtre grande ouverte. Ils voyaient dans le coin de la petite pièce, une petite fille avec des tresses ; une si petite fille si triste ! Si vieille ! Pourquoi saignait-elle ? Elle dormait, elle était belle. On vit bien vite un petit garçon tenter d'entrer par la fenêtre : mais avant qu'il puisse poser un pied sur le plancher, la foule le retint. Pourtant, le petit gaçon voulait sauver la petite fille aux tresses, pourquoi ne pouvait-il pas ?
"Elle dort, petit garçon, lui répondirent la foule. Elle dort pour toujours !"
Alors le petit garçon partit en pleurant. Il partit en courant le long de la mer. Au loin, si le petit garçon aurait bien regardé, il aurait vu une petite fille se noyer. Mais le petit garçon pensait, il pensait ! Mais à quoi penses-tu, petit garçon ?
"Pourquoi n'est-elle pas sorti par la fenêtre ?"
PAR MOI, et PERSONNE d'autre, okidoki ??